The Original Storyteller

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Kama-Laure nous raconte

“Laissez moi vous raconter la brève histoire d’OlympeZulma…

Revenons quelques années en arrière, lorsque la rouille n’avait pas encore eu raison de moi. J’étais une adepte des étalages. J’avais pour habitude de m’y installer tous les dimanches dans une position chaque fois plus lascive et flegmatique. Je trônais entre les breloques en fin de vie de mon maître, là, à la vue de tous, espérant chaque seconde que quelqu’un s’intéresse à moi. A l’image de mes héroïnes préférées, je rêvais qu’on m’enlève de cet étendard emprunt de vétusté. Je rêvais qu’on décèle en moi une beauté détonante et que l’on m’emmène en d’autres contrées plus charmantes soient-elles que le cloaque dans lequel je devrai retourner le soir même et pour le reste de la semaine, jusqu’au dimanche suivant, si personne ne voulait de moi.

Bon sang ! Je ne souhaite à personne de vivre cela. Des va et vient, d’un présentoir de seconde main à un cloaque malodorant duquel vous comptez les secondes en attendant la prochaine vente… parce qu’il n’y a rien à faire sinon y mourir d’ennui. Je me languissais d’être au dimanche suivant ne serait-ce que pour voir à nouveau le jour, sentir l’air frais effleurer mes courbes en aluminium ou capter le regard d’un potentiel client du maître à la recherche de quelqu’un comme moi.

Et puis, il y eu ce jour… vous savez, dans toute histoire racontée y compris dans la vie, notre train-train quotidien aussi paisible soit-il, est tôt ou tard perturbé par un élément extérieur… sans quoi les histoires de nos vies seraient aussi fades qu’un plat à réchauffer destiné aux gosiers les plus chiches.
Trêve de digression, mon jour était arrivé. Comme à mon habitude, je tentais vainement d’aguicher les passants en n’ y allant pas avec le dos de la cuillère, que je suis -si je puis me permettre- ! Sous les brouhahas incessants des antiquaires et des marchands à la sauvette de la rue Georges Lafenestre, dans un décor urbain et poussiéreux un grand jeune homme aux lunettes démesurées et aux genoux cagneux me regarda avec insistance. Me déshabillant du regard, le peu de pudeur que j’avais s’en était allée. Si j’avais été une femme ou simplement un Homme, empli d’adrénaline j’aurais épuisé toutes les larmes de mon corps. Il suffisait ! J’en avais assez que l’on me touche, que l’on examine effrontément chaque parcelle de mon corps à la recherche d’une fissure, d’un défaut de fabrication.

Or, cette fois ce fut différent. D’un air satisfait, le jeune homme me tendit au maître, échangea quelques piécettes contre de ma liberté. Ma seconde vie commençait alors. Le jouvenceau me mit discrètement dans la poche de sa dulcinée, elle fouilla. Sa petite main me saisit et dans un élan de créativité fortuite elle me tordit le cou pour faire de moi un original bracelet. De mes cendres je renaissais. Simple cuillère à dessert j’effleurais jadis les gueules les plus voraces et j’embellis aujourd’hui vos poignets.

Voici l’histoire d’Olympe Zulma ou la vie de centaines d’objets auxquels cette main créative insuffle une seconde vie. Breloque tu étais, bijou entre ses mains tu seras.

Kama-Laure Kaba

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